Des épis de maïs beaux comme des fleurs

Des épis de maïs beaux comme des fleurs et les tout derniers dahlias de l’année, sur fond de P17.
Le P17, c’est un voile de protection qu’on pose sur les plantes pour les abriter du froid et des insectes trop gourmands. Il est léger, perméable à l’eau, à l’air, et très fin pour laisser passer la lumière. Il est utilisé dans bien des fermes sous nos latitudes, et d’autant plus dans les régions aux hivers rigoureux. P comme polypropylène et 17 pour 17g/m2, sa densité. Du plastique donc. Cela fait maintenant 8 ans que je me suis lancée dans le travail de la terre, et sur bien des points, j’ai refusé catégoriquement processus, matériel et intrants issus ou nécessitant des matières premières fossiles et/ou non recyclables ou non réutilisables sur le long terme. À tous les niveaux de mon activité. J’ai passé des milliers d’heures à deviser des systèmes alternatifs et dépensé des milliers d’euros à sourcer du matériel de qualité, durable, sain, respectueux du vivant. Mais quand on doit vivre (et faire vivre ses salariés) de sa production, qu’on vit dans des régions à hiver froid, et que l’argent manque, le plastique reste difficile à contourner. Voici, à mon sens, les quelques irréductibles en agriculture : les tuyaux et pièces d’irrigation, les bâches, les filets et les voiles de protection, comme le P17. Je suis vraiment partie de zéro, et cet affranchissement du carbone prend du temps, beaucoup de temps. Cette année déjà, j’ai pu supprimer l’usage de toiles de paillage, des bâches en plastique (tout de même recyclé et recyclable) qui m’ont aidée, pendant mes premières années, à lutter contre les plantes spontanées envahissantes. Mon but, sur le long terme, c’est de ne plus avoir à irriguer, ou rarement, et de ne peupler mon champ que de plantes qui supportent vraiment bien le froid. C’est le cas à 80% pour le moment, mais les 20% restants, comme les dahlias par exemple, ont encore besoin de P17.